La transformation numérique promet de nouvelles sources de revenus, de réduction des coûts et des gains de productivité, pourtant les PME françaises accusent un retard conséquent dans l’amorçage de leur digitalisation, comparé à leurs voisines européennes.

Qu’en est-il de la situation en Bretagne ?

Aujourd’hui toutes les entreprises bretonnes (99%) sont connectées à internet en haut débit pour la plupart (87%), via la fibre optique pour 9% d’entre elles (Usages du Numérique en Bretagne – édition 2016).
Pour 78% des entreprises bretonnes leur présence est assurée sur le web par le biais d’un site internet (contre 68% au national) (Eurostat, enquête communautaire sur les TIC 2016).

Des équipements numériques de plus en plus nomades

Si depuis une dizaine d’années quasiment toutes les entreprises disposent d’outils nomades de téléphonie, c’est la tablette tactile qui a su se faire une belle place dans l’environnement professionnel dans la période plus récente. En 2015, 40 % des entreprises en sont équipées.
Ces données relatives à la Bretagne ne diffèrent pas de la situation nationale. Globalement les entreprises sont bien dotées en outils mais c’est un déficit d’usage que l’on peut déplorer.

Des progrès à faire en e-commerce

Élément évocateur du retard pris par nos entreprises : les consommateurs français sont plus avancés que les entreprises en termes d’usage des outils numériques :
7 Français sur 10 achètent en ligne quand seulement 1 PME sur 8 propose ce service (Etude Deloitte décembre 2016).
Les PME bretonnes se situent au niveau national avec 15 % d’entre-elles pratiquant la vente en ligne : 10 % sur le propre site, 5% sur une autre plateforme (Usages du Numérique en Bretagne – édition 2016).

En observant l’évolution des comportements d’achats des dernières années : connectivité accrue, mobilité, partage d’expérience, collecte d’information “Research Online Purchase Offline”… une présence sur le web assurée par un site vitrine s’impose a minima.
Le site marchand lui, s’inscrit logiquement dans la stratégie de l’entreprise si elle souhaite accéder à de nouveaux marchés (c’est encore plus vrai à l’export) et assurer sa survie.

La Bretagne se classe à la 4ème place des régions françaises (sur 13) en terme de PME présentes sur la vente en ligne. Elle prend la 3ème place quand on compare le volume de chiffre d’affaires issu de l’e-commerce (source INSEE – Eurostat).

Compétences

En 2016, 20 % des entreprises françaises ont organisé des formations pour développer ou améliorer les compétences de leur personnel concernant l’usage des TIC (source Eurostat)
Quand on sait qu’en Bretagne, 6 PME sur 10 n’ont pas de salarié dédié à l’informatique, ni de service informatique, on peut comprendre la difficulté des PME à prendre le virage du numérique. La formation est une solution à privilégier pour gagner en autonomie (77% des PME bretonnes ont fait appel à la sous-traitance informatique entre 2013 et 2016) (Usages du Numérique en Bretagne – édition 2016).

Le manque de compétences est un frein à la progression des entreprises dans la voie du digital.

Politique régionale

Depuis plusieurs années la Bretagne investit fortement pour entrer dans l’ère du numérique pour tous, en déployant les infrastructures, développant les nouveaux usages et soutenant la filière TIC même si cette compétence ne lui est pas attribuée.

A titre d’exemple « la Région finance, aux côtés de l’État, un programme baptisé Performance Bretagne Informatique et Internet PB2I dont l’objectif est d’aider les PME et les PMI bretonnes à améliorer leur utilisation des nouvelles technologies. Les actions de PB2I portent principalement sur la sensibilisation et la formation des dirigeants de petites entreprises » (Le site de la Région Bretagne).

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Les conditions de réussite de la transformation numérique des entreprises bretonnes diffèrent sans doute peu de celles des autres régions françaises.
Cependant le territoire régional a une spécificité : la Bretagne compte plus de 750 entreprises dont plusieurs groupes internationaux et une quarantaine d’ETI (Etude CESER Bretagne – janvier 2017).
Le secteur du numérique y est particulièrement présent (TIC, réseaux, ESN, électronique grand public, etc.). Cet élément revêt un avantage certain pour favoriser la transformation numérique de l’ensemble des entreprises de la Région.
Les entreprises “traditionnelles” doivent pouvoir tirer profit des innovations des entreprises du secteur numérique et ainsi accélérer leur transformation.

Logiciels métiers, solutions mobiles pour travailleurs nomades, dématérialisation, canal e-commerce, paiement en ligne, certificats électroniques… La marge de progression de nos PME est encore importante et elle passe incontestablement par une plus grande prise en main du numérique par les dirigeants, l’ensemble de ces sujets formant un tout de niveau stratégique.

A l’heure où les promesses du digital commencent à s’assagir, il est primordial que les PME poursuivent l’effort de modernisation pour rester en phase avec les attentes de leurs clients et rester ainsi dans les standards d’efficacité opérationnelle et commerciale du monde moderne.